Acrobatie

L’Acrobatie en Chine

Tenant à la fois de la gymnastique artistique, du sport et de la danse, l’acrobatie est aussi un spectacle captivant qui requiert de la part des protagonistes non seulement hardiesse, agilité et souplesse mais aussi un certain sens dramatique dans la présentation des exercices.

À l’encontre de la danse qui se sert des mouvements pour exprimer des émotions, l’acrobatie met en évidence l’étonnant potentiel physique du corps humain elle se différencie aussi du sport du Fait qu’elle repose sur une performance artistique plutôt que sur la force athlétique.

La Chine est sa terre d’élection depuis des temps immémoriaux.

Dans l’Empire du Milieu, il y a plus de 2 000 ans, les prouesses acrobatiques étaient déjà connues comme « les exploits de l’étrange et du merveilleux ». La découverte, parmi les célèbres statues exhumées de la tombe du premier empereur, d’hommes en jupe courte et le corps nu pratiquant un jeu d’adresse, témoignerait de la présence d’acrobates dans les divertissements de la cour impériale,au même titre que la musique et la danse.

Au cours des dynasties des Qin et des Han, ces performances physiques et artistiques vont se développer pour devenir des spectacles très appréciés aussi bien chez les nobles que dans le peuple sous le nom évocateur des « Cent divertissements » Depuis lors, le nombre de tours et de numéros ne va pas cesser de s’étoffer et de se complexifier, les artistes créant et surmontant des difficultés de plus en plus grandes pour impressionner les spectateurs de tout âge et de toute condition.

Combinaison de force et de grâce, la spectaculaire montée aux mâts, inspirée probablement par la cueillette des fruits sur les grands arbres, constitue aujourd’hui l’un des numéros d’excellence du fameux cirque chinois avec celui des cerceaux que les jeunes acrobates de Dalian présentent avec beaucoup de grâce en les agrémentant de sauts et d’équilibres périlleux.

Quant au joli numéro féminin des assiettes tournantes, il existait déjà sous les Han (206 avant-220 après J.-C.), si l’on en croit l’image gravée dans une tombe montrant un artiste avec un disque en équilibre sur deux bambous tenus dans chaque main. Les jeunes acrobates chinoises d’aujourd’hui ont rendu plus difficile et plus attractif ce numéro classique en multipliant le nombre des assiettes et en diversifiant leur gestuelle avec beaucoup de brio et de maîtrise. Elles font preuve d’autant de prestesse et de charme dans le maniement des diabolos, empruntés à la panoplie des jouets d’enfants.

Jeux d’adresse ou de force, voltiges, sauts, équilibres et jongleries qui associent technique et esthétique illustrent un art et une discipline aux frontières de la chorégraphie. Les acrobates remarquablement entraînés de la célèbre Ecole de Dalian présentent leurs prouesses avec beaucoup d’assurance, de dynamisme et de fraîcheur tout en ayant l’air de s’amuser.

Geneviève DOURNON

Conseillère Artistique Musée des Arts Asiatiques de Nice


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