Marionnettes

L’histoire des marionnettes chinoises

Il est difficile, faute de documents, d’établir avec certitude la provenance et la date d’apparition du théâtre de marionnettes en Chine. Les premières traces connues remontent à la dynastie des Shang (XVIIIème avant JC – 1025 avant JC) sous forme de statuettes funéraires. Ce sont des figurines en paille puis en bois qui remplacent les sacrifices humains qui accompagnaient les rites funéraires. Elles sont dotées d’un mécanisme qui permet de les faire danser et sont enterrées avec les défunts pour les divertir. On donne également des représentations devant la chambre mortuaire pour assurer la tranquillité de l’âme du défunt. Les premiers spectacles de marionnettes sont donc en étroite relation avec les rites religieux. Puis les poupées sont utilisées au cours de fêtes et de banquets. On leur fait imiter des spectacles de danse ou d’acrobaties, mais on ne peut pas encore parler de théâtre.

C’est sous la dynastie des Tang (618 – 907) que l’on commence à jouer de véritables pièces. Les marionnettistes empruntent alors le riche répertoire des conteurs qu’ils illustrent à l’aide des poupées. A partir de la dynastie Song (960 – 1279), le spectacle de marionnettes se développe et tous les genres de marionnettes co-existent ; les informations deviennent plus précises. Les différences sont avant tout locales (on utilise les dialectes et les airs locaux) et l’évolution liée aux modes, ainsi que pour l’opéra qui se joue à peu près dans les mêmes circonstances, mais auquel on préfère souvent les marionnettes qui nécessitent des moyens beaucoup moins importants.

Outre les marionnettes à tiges, à gaine et à fils toujours présentes de nos jours en Chine, trois autres types de marionnettes ont disparu de nos jours. Il s’agit des marionnettes à eau, qui évoluent sur l’eau et sont manipulées à distance (parfois jusqu’à vingt ou trente mètres), des marionnettes à poudre, animées par la force de l’explosion de la poudre, et les marionnettes à corps humain (poupées de chair), qui peuvent être des acteurs imitant les marionnettes ou bien les doigts peints du marionnettiste.

Les marionnettes ont été utilisées à des fins politiques, notamment en temps de guerre, où il est arrivé que l’on joue un spectacle lorsqu’une région était conquise. Elles restent liées aux fêtes et en particulier aux cérémonies funéraires de morts violentes, c’est aussi un spectacle que l’on offre aux divinités lors de la fête d’un temple. Les marionnettes sont considérées comme douées de magie, elles sont employées dans des cérémonies d’exorcisme pour purifier les lieux hantés et expulser les mauvaises influences.

Le XXème siècle voit décliner le théâtre de marionnette en raison de la désaffection du public qui se tourne vers des distractions plus modernes. De même, les croyances populaires tombent peu à peu en désuétude et les rituels d’exorcisme se font plus rares. Après 1949, Mao Zedong décide de sauver cet art populaire national préférable selon lui à la culture occidentale moderne. De grandes troupes de véritables professionnels, subventionnées se constituent. On encourage d’anciens marionnettistes et les jeunes à poursuivre la tradition. Des congrès et des expositions sont organisés, au cours desquels les marionnettistes peuvent échanger leurs savoirs et ainsi perfectionner leur art.

Des spectacles destinés aux enfants sont créés. Par contre, les aspects religieux et certaines scènes d’amour sont supprimés et remplacés par un discours en accord avec l’idéologie communiste. A partir de la Révolution culturelle (1966-1976) les pièces classiques sont interdites et seules quelques pièces modernes peuvent être jouées. Actuellement, les spectacles de marionnettes s’adressent à un public plus restreint mais intéressé. L’accent est mis sur la mise en scène, plus que sur la technique de manipulation. Cet art séculaire qui n’a jamais cessé d’évoluer est désormais amené à subir de nouvelles transformations liées notamment au mélange avec d’autres arts de la scène, comme c’est le cas en occident.


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